| Cette page web est proposée par un groupe d'enseignants et de chercheurs intéressés par les apports des sciences cognitives et des sciences sociales aux pratiques éducatives. Ils proposeront régulièrement sur internet une sélection de ressources et de dialogues dans l'objectif de favoriser la connaissance et l'usage par les éducateurs des travaux de recherches dans les différentes disciplines et en retour, une meilleure connaissance par les chercheurs des besoins et des potentiels de coopération du monde de l'éducation. | |
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I R 1, 2 . Pourquoi et comment bien vivre l'expérience de l'espace et exercer notre système sensoriel et moteur. Au cours de notre histoire et en tout lieu, le cadre commun et diversifié de nos existences ne peut se construire qu'à partir des héritages, soutenant silencieusement ou non l'espèce des êtres humains que nous sommes. Chaque civilisation ne peut vivre sainement et se renouveler si elle ignore occulte ou refuse l'importance de l'espace et l'expérience de notre système sensori-moteur : le vécu des perceptions de l'espace structure chacun de nous, lui donne à penser, invite à sentir et agir.(*)
1 - L'expérience de l'espace est structurante. Elle se produit par l'intermédiaire des membranes, hormones et circuits cellulaires. Ces connexions se rejoignent en un centre cortical qui assemble leurs apports.. Dès avant sa naissance, le petit enfant est au contact d'espaces vivants : celui des tissus maternels et le sien. C'est donc le toucher qui opère, de substance à substance et par une intimité partagée, l'émergence de sa vie, vie déjà distincte et en participation. voir les travaux de l'équipe NEUROPHYSIOLOGIE DE LA PERCEPTION ET DU MOUVEMENT de l'Institut des Sciences Cognitives * La vie d'un petit être humain se nourrit et grandit dans la confiance de la présence de l'autre dans son espace. Elle passe du toucher au tact, de la vision au regard, de l'audition aux nuances de l'interprétation vocale et tonale. C'est d'abord celle de sa maman, elle-même imprégnée du don de son mari. Avant de naître le bébé fait l'expérience d'un bien - être, de sons, d'alimentation, de mouvement. Après trois mois de mise en place organique intra - utérine, le bébé perçoit aussi la réalité distincte des personnes à travers des membranes spécialisées dans leurs fonctions de relation : il vit leurs rythmes et leurs postures, leurs voix et, en priorité, celles des intonations proches, celles de la maman et du papa. * L'intériorité personnelle qui s'élabore est donc issue d'une mystérieuse intimité commune de relation entre parents et enfant : celle d'être aimé et d'aimer. Elle se traduit bientôt par des mouvements coordonnés et distincts, harmonieux le plus souvent grâce à de nombreux essais et ajustements.
On retrouve cette connivence après la
naissance.
Quand la maman nourrit son enfant, il sent ce qu'il lui faut, pas
plus. Si sa présence lui manque, il crie. Plus tard il
l'appellera jusqu'à ce qu'elle réponde. Plus tard
encore, c'est dans les bras et dans le regard de sa maman ou de son
papa, qu'il osera se lancer à marcher puis anticiper. De
là
vient sa précieuse capacité d'anticipation (Cf. ISC, A.
Sirigu, CNRS). la page de l'équipe "Neuropsychologie de
l'action" à l'Institut des sciences cognities L'intériorité est l'expérience première de la vie et elle le reste dans son développement en interaction avec ce que Lamarck appelait déjà "le milieu ambiant", au sens étymologique : milieu conjoint de la vie.
2 - Plus tard, le petit enfant, observé par nous ou étudié par Mme Montessori, qui jette encore et encore un objet, puise dans cette relation à l'espace et aux choses une conviction durable : il acquiert le sens d'une relation causale tout d'abord entre ce qu'il fait et ses effets. Il part d'une perception et réagit. De cette expérience primordiale de la causalité, il induit un pouvoir ; il se perçoit et se constitue comme sujet par le rapport expérimental entre les réalités de l'espace et son corps (visage, toucher, muscles, membres, mains, pieds, bouche, regards).
Dès lors, le premier chemin à construire pour lui et avec lui est celui de la base de sa commune dignité : celle d'aménager sa place dans l'espace parental d'abord, puis dans des espaces familiers. Elle n'est pas forcément la dernière ou la première activité en tout et pour toujours car elle est en relation avec les autres qui la sécurisent ou la contestent. C'est là que s'inscrivent sa personnalité autonome et singulière, sa pensée, son action et leur mise en mémoire profonde. Voir la suite : la petite enfance et le temps.
3 - Cette expérience de l'espace ouvre au déploiement de la pensée. ( Voir le repère I R 1,5) Suivez silencieusement le regard d'un petit enfant bien installé sur le bras ou l'épaule de son père : il explore lentement l'espace, pour lui immense, qui l'entoure. Et alors, en bougeant et de sa petite "fenêtre" intérieure et visuelle, en fait il le perçoit et pense silencieusement sous forme de mouvement et de "pensée schématique"(*). Jean Luc Michel : Article :sur La pensée schématique.
* Mais oui : à partir de son point de vue, il prend conscience d'un espace dont il est curieux et il pense. Son espace intérieur d'abord s'étend. Ce à quoi, - d'ordre spatial et moteur ou d'une autre nature :goût et aliment, vision et image -, active la fréquence des ondes gamma qui parcourent alors son cerveau. Ce dernier les ordonnent et les gère en millièmes de secondes au fil de son développement. Dès l'âge de cinq ans, par exemple, il a acquis l'essentiel de sa motricité et des structures de communication par postures puis par celles du langage qu'il entend.
* Autre forme de pensée de cet âge
: l'empathie… Cette capacité provient de la
satisfaction que lui apportent des expériences qui lui
conviennent. A quoi mène - t- elle ? Au développement
des relations interpersonnelles. Car elle repose avec puissance sur
des réseaux de cellules particulières dont des savants
disent qu'elles sont des "miroirs". Un miroir, cela
réfléchit des ensembles visuels, de même qu'une
surface peut recevoir et renvoyer des ondes sonores ou
échos
à propos de l'empathie, on pourra renvoyer aux publications de Jean Decety, http://psychology.uchicago.edu/people/faculty/jdecety.shtml on lira notamment l'article en français
publié par le journal Le Monde voir également la revue Social
neuroscience, dont le premier numéro est accessible gratuitement
sur internet au sujet des neurones miroirs, une bonne
présentation est proposée par le site de
l'Université McGill au Canada, déjà cité * Les petits enfants réfléchissent donc déjà et silencieusement sur leurs espaces externes et intimes. Finalement la force majeure de cette étape et centrale pour la construction personnelle des personnes est ce qu'on appelle la "pensée du cœur" avec ses réseaux de perception cellulaire modulés par les substances hormonales des ganglions de la base situés dans le cerveau central ou limbique. Il exerce un rôle prépondérant sur les émotions, options ou attitudes et les met en mémoires. On parle alors des "pensées du cœur". En résumé, les petits garçons et petites filles ont une pensée qui va directement de l'expérience de l'espace à l'origine et à l'orientation d'un mouvement interne ou sens (pensée analogique et "anagogique" (*). Cette activité est dite "en boucle", ou rétroaction circulaire. On reviendra bientôt sur ces dimensions humaines aux "pratiques" et "repères" de ce thème : I P 1, 5 et I R 1, 5.
(* ) Cet adjectif vient de la langue grecque ; il évoque ce qui conduit et réunit, -"agô"-, de bas en haut ("an") ou d'un point à un autre : ce qui amène un navire à son port en langage maritime.
La parole est à toutes vos observations du quotidien, pour parents et jeunes, adultes ou chercheurs Echanger nos expériences, procédés, critiques et suggestions, nous souhaitons le faire ensemble afin de progresser dans le cadre actuel des programmes en cours. Nous avons donc présenté ici un cadre : celui de notre position dans l'espace, condition naturelle du développement humain pour l'éducation de la première enfance : une introduction, deux textes (une expérience et une réflexion), et suggéré des pratiques et des repères (I P 1, 1 et 2, , et I R 1, 1 & 2) . Ce débat est à suivre prochainement sur des constats pratiques : ceux des dimensions humaines que nous pouvons faire en regardant les petits enfants, garçons et filles, manifester des germes d'humanité. On peut avancer et parler d'autres fondements des apprentissages d'un premier savoir vivre : Espace et relations : I P et I R 1, 3, Capacités et comportements : I P et R 1, 4, Formes de pensée et dimensions humaines : I P et I R 1, 5. Pour le "petit groupe" : AJ, PB A bientôt !
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texte
intéressant : Norma Gonzales Disciplining the Discipline :
Anthropology and the Pursuit of Quality Education
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sur Le
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