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Psychopathologie de l’Intention |
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Co-responsables Professeur des universités
Praticien Hospitalier
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Neuropsychologue Neuropsychologue vacataire Mathias Winter Mastère 2 Tiffany Weiss Mastère 2 Georges-Edouard Godet Mastère 2 |
Membres associés Dijon, France |
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Cette Equipe se propose d'étudier la partie
masquée de la génération des actions, celle qui se définit par la notion de
"représentation". La représentation d'une action peut revêtir
plusieurs formes (intention, action simulée, action observée) qui partagent
un certain nombre de propriétés communes. L'accès expérimental à ces
différentes formes de représentation est devenu possible au cours de ces dix
dernières années, grâce à l'introduction de la méthodologie de la psychologie
cognitive (imagerie mentale) et des techniques de neuro-imagerie. Plusieurs
contributions décisives dans ce domaine ont été réalisées à Lyon par le
groupe de M. Jeannerod et J. Decéty. L'Institut a inscrit ce thème de
recherche parmi ses priorités, en particulier grâce à la présence d'Angela
Sirigu. La psychopathologie offre de nombreuses situations où ces mécanismes cognitifs sont modifiés ou altérés. On connait les travaux classiques réalisés dans ce domaine sur le développement de la théorie de l'esprit chez l'enfant, et son absence chez les enfants autistes. Nous avons entrepris d'étendre ce paradigme aux autres affections psychotiques, et plus particulièrement la schizophrénie. Il s'agit en effet d'une maladie fréquente (sa prévalence est d'environ 3‰), soulevant de nombreuses questions, dont tout d'abord celle de son unicité, puis, si on admet celle-ci, celle de son origine, et enfin celle de la compréhension des nombreux symptômes affectant les malades qui en sont atteints. Parmi ces symptômes, on observe au premier plan ceux qui se rapportent à une altération de la sensation qu'a normalement de sujet de sa propre intégrité. Cette altération concerne le domaine des actions, des pensées et des émotions et s'exprime sous la forme de ce que K. Schneider a appelé les symptômes de premier rang (SPR) : hallucinations verbales, idées d'influence, de référence, de toute-puissance, etc. Le point commun de cette symptomatologie est qu'elle met en question l'unité du patient en tant que sujet. En effet, ces patients se comportent comme s'ils effectuaient des actions qu'ils ne reconnaissent pas comme les leurs et qu'ils attribuent de ce fait à autrui (c'est le cas des hallucinations et du syndrome d'influence) ou au contraire comme s'ils étaient les instigateurs d'actions exécutées dans la réalité par autrui. Il existe donc au niveau clinique un trouble de l'attribution de l'action chez ces schizophrènes. Ces constatations cliniques ont été évaluées expérimentalement grâce à plusieurs épreuves comportementales. Daprati et al (1997) puis Franck et al (2001) ont étudié la capacité qu'ont les sujets schizophrènes avec ou sans SPR de reconnaître leurs propres actions parmi des actions différentes. Les sujets étaient placés dans des dispositifs ne leur permettant pas de voir leur main. Lors de chaque mouvement, on diffusait sur un écran soit l'image de leur propre main, soit l'image d'une main exécutant un mouvement plus ou moins différent du leur. Les sujets devaient alors déterminer s'ils avaient vu leur propre action ou non. Les schizophrènes ont présenté des performances inférieures à celles des témoins sains, les schizophrènes avec SPR ayant des performances significativement inférieures à celles des autres patients. |
Dernière mise à jour: 26 septembre 2007