COGNITION ET MEMOIRE
1998- 2006
Tiberghien Guy, aujourd'hui Professeur honoraire, Université de Grenoble II, Institut Universitaire de France
Membres de l'équipe
L'équipe étudie les aspects neuro-cognitifs de la mémoire humaine et, plus précisément, les processus conscients et non conscients de la reconnaissance chez des sujets humains normaux ou présentant des troubles d'origine neurologique ou psychiatrique.Ces recherches mettent en oeuvre des méthodes expérimentales d'étude de la cognition (chronométrie mentale, oculométrie cognitive), des modèles formels de simulation de la cognition (Théorie de la Détection du Signal, réseaux connexionnistes) et des méthodes d'électrophysiologie cognitive (potentiels évoqués d'origine comportementale et cognitive).Deux programmes de recherche sont actuellement en cours:
1)
la reconnaissance visuelle des visages.
L'équipe
explore les relations entre les processus d'émergence de la
familiarité du visage, les processus d'identification et de
reconnaissance de la personne et le traitement cognitif des
expressions faciales émotionnelles. Nous
avons pu ainsi démontrer que les mécanismes cognitifs
d'analyse de l'expression faciale émotionnelle, ou ceux
d'extraction du genre, n'étaient pas indépendants des
mécanismes d'identification — leur interaction se
réalisant
plus précocement que ce qui était prédit par les
théories classiques de la perception et de la mémoire.
Nous avons également obtenu des données montrant que le
processus d'émergence de la familiarité dans la
reconnaissance est déficient chez les patients
schizophrènes,
et non seulement le processus de recherche en mémoire
(récollection), comme cela avait été
observé
dans d'autres recherches. Sur le plan électrophysiologique,
nous avons exploré le processus de contrôle
stratégique
de la reconnaissance des visages et sa relation avec les interactions
observées dans le système cérébral
composé des régions frontales, temporales et
pariétales.
Des applications de ces recherches ont également été développées dans le domaine de l'industrie des parfums et cosmétiques et, en particulier, pour définir les déterminants de l'attirance du visage. ;
2) la reconnaissance visuelle des mots.
L'équipe a
étudié les relations entre les processus de traitement
phonologique, orthographique et sémantique lors de
l'accès
aux représentations lexicales des mots. Nous avons montré
que les processus de traitement de surface des mots, traitements
orthographique et phonologique, n’étaient pas
indépendants
d’un processus de traitement profond, le traitement sémantique.
Cette interaction vient compléter les modèles
classiques de reconnaissance des mots écrits qui postulent un
passage par la phonologie pour accéder à la
sémantique
mais pas l’inverse.
L’équipe a également montré que cette interaction pouvait être formalisée par un modèle spatial du lexique mental au sein duquel les distances entre les différentes régions expriment les relations de similarité entre les mots. Sur le plan électrophysiologique, des recherches de l'équipe ont exploré la temporalité des processus à l’œuvre lors de la reconnaissance des mots écrits et montré sensibilité de la N400 aussi bien aux traitements de surface qu’au traitement profond.
Enfin,
l’équipe a développé, en collaboration avec
l'équipe "Modèles mathématiques et
informatique pour le langage et la perception" (Sabine Ploux),
un modèle pour l’acquisition et la représentation
automatique des connaissances en sciences cognitives. Ce modèle
a été établi à partir de deux types de
corpus permettant de couvrir une représentation des concepts
induite, d’une part, par leurs définitions et, d’autre
part, par les études scientifiques qui s’y rapportent.